Élections de 2017 : le changement c’est maintenant.

Quel que soit le résultat de l’élection présidentielle, on peut déjà dire que cette élection est à nulle autre comparable et qu’à l’issue de celle-ci le paysage politique français ne sera plus celui qu’il était avant elle.

Ce fut d’abord un jeu de quilles qui vit disparaître lors des primaires de la droite et du centre quelques dinosaures et autres favoris comme Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ou bien encore Jean-François Copé ; ce fut ensuite la défection du candidat naturel de la gauche, le président sortant qui, pour la première fois sous la cinquième république, ne postula pas à sa propre succession ; ce furent encore l’élimination d’Arnaud Montebourg qui faisait son « grand » retour et de Manuel Valls, favori de son camp, lors de primaires socialistes ridiculement nommées « La belle alliance populaire », une alliance tellement belle que Manuel Valls s’en est allé rejoindre le soi-disant félon Emmanuel Macron. Puis ce fut au tour de François Bayrou de disparaître dans la mouvance « En marche », ralliant celui qui cherchait à lui ravir ses voix de 2007 obtenues sur le thème du « ni droite, ni gauche ».

Mais le jeu de massacre de cette élection ne concerne pas seulement les personnalités, il touche aussi les partis traditionnels. Ce fut le parti des écologistes qui, le premier, vola en éclat avant même que ne s’engage la campagne électorale. Exit EELV. Puis ce fut la déconfiture de ce qui restait encore d’un PS représenté par le pâle « frondeur » Benoît Hamon et qui, à terme, n‘atteignant pas le second tour, ne pourra qu’exploser. Et l’on verra les uns rejoindre Jean-Luc Mélenchon quand les autres prendront le train « En marche » avec Emmanuel Macron. Nul doute également que si François Fillon n’emportait pas cette élection, le parti « Les Républicains » ne résisterait pas à la défaite. Et l’on assisterait alors à une dispersion (débandade) de ses membres, les uns allant chez Nicolas Dupont Aignan, les autres chez Emmanuel Macron – plus nombreux sans doute, surtout en cas de victoire de celui-ci -, quand d’autres s’en iront grossir les rangs du FN de Marine Le Pen ou de l’UPR de François Asselineau.

Autre résultat, contrepoint des perdants de cette élection : les gagnants. Quel que soit le vainqueur au soir du 07 mai, on peut dire que sortent grandis de la campagne électorale aussi bien Emmanuel Macron, le chouchou des sondages et des médias, Marine Le Pen qui a toutes les chances de parvenir au second tour devenant dès lors incontournable, Jean-Luc Mélenchon qui aura confirmé sa percée de 2012, et François Asselineau sorti non pas de nulle-part mais de l’anonymat médiatique où il était cantonné alors qu’il filait sa pelote sur le Net. Ces personnalités et leurs programmes font apparaître un nouveau clivage, celui qui distingue les partisans d’une mondialisation heureuse (et donc de l’Union européenne dont elle est une émanation) et ceux qui défendent la souveraineté nationale et qui veulent soit réformer l’Union européenne, soit s’en extraire. Ce clivage, masqué lors des primaires de droite comme de gauche où se retrouvaient une majorité écrasante de mondialistes « europhiles », se dévoila ensuite, lors de la seconde phase de cette campagne, à l’instigation du Front national dont le patriotisme affirmé en fait un europhobe (à moins que ce ne soit l’inverse, l’UE étant « souverainophobe »), mais aussi des rebelles comme Jean-Luc Mélenchon, à gauche, ou Nicolas Dupont Aignan, à droite, et enfin avec François Asselineau qui propose un Frexit. Aussi désormais, secondaire apparaît le clivage droite/gauche où se répartissent des mondialistes « europhiles » de droite, François Fillon, de gauche ou du centre gauche, Emmanuel Macron, et des souverainistes de droite avec Marine Le Pen et Nicolas Dupont Aignan, et de gauche avec Jean-Luc Mélenchon. Demeure à part le cas de François Asselineau, un souverainiste qui n’est ni de gauche ni de droite (l’anti Macron en somme).

Enfin, ultime conséquence de cette élection, celle qui marque la mort des primaires qui ont été catastrophiques aussi bien pour la droite que pour la gauche ; elles étaient sensées apporter une solution au défaut de leadership dans les grands partis traditionnels mais elles se sont révélées en fait comme annonciatrices et actrices de la décomposition interne de ces partis, une décomposition qui n’est sans doute pas étrangère, d’ailleurs, à la celle du pouvoir Élyséen qui est aussi celle de l’État français dont l’impuissance est devenue criante durant la présidence de François Hollande. Exit alors les partis dits de pouvoir.

À l’occasion de cette élection présidentielle, on peut vraiment dire qu’une page de notre histoire politique se tourne.

Publicités

A propos pascaldubellé

Auteur de romans
Cet article, publié dans Non classé, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s