Un retour au service militaire : la « vraie-fausse » bonne idée

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On entend dire ici ou là par des sociologues, des philosophes, des personnalités du monde de la presse ou de la politique, à droite comme à gauche, que la jeunesse de France souffre d’un manque cruel de repères et de valeurs. Sans doute est-ce vrai, même si ce fait doit alors être étendu aux parents de ces enfants perdus dans ce monde dont les repères ancestraux et éternels sont devenus obsolètes.

Parmi ceux qui portent pareil constat et qui se désolent, certains énoncent l’idée de restaurer la conscription dans son principe universel et obligatoire en incluant les jeunes filles, ce qui serait nouveau mais conforme au principe de parité entre les sexes (une proposition qui figure, entre autres, dans le programme du parti socialiste pour les présidentielles de 2017). Ainsi, pensent-ils, serait recréé du lien social par le fait d’un brassage de la population et par la valeur accordée à cet impôt du temps payé par tous ; ainsi également, baignés durant quelques mois dans l’Armée, nos jeunes pourraient s’imprégner des valeurs qui guident cette institution dans sa mission particulière parmi lesquelles, centrales, se distinguent, l’obéissance et le respect de l’autorité ; ainsi, enfin, espère-t-on peut-être remettre au goût du jour ce qui, jadis, réalisait un rite de passage où, par cette épreuve initiatique, l’on quittait l’enfance pour être admis et reconnu dans le monde des adultes.

L’idée, en effet, pourrait séduire. Mais en réalité, c’est une « vraie-fausse » bonne idée. Pourquoi ?

D’abord parce que ceux qui l’énoncent ont la mémoire courte ou bien ne savent pas ce qu’est l’armée, et singulièrement, ce qu’elle est devenue depuis la dernière guerre.

L’armée de conscription, je l’ai bien connue pour l’avoir éprouvée de l’intérieur dans ses dernières années et pour l’avoir accompagnée jusqu’à son dernier jour quand, après 1995, la décision fut prise d’en suspendre l’obligation pour aller vers l’armée de métier. Ayant été, de 1986 à 1988, médecin chef d’un régiment dit d’appelés et aujourd’hui dissout, puis de 1988 à 2002, psychiatre aux armées à Paris, j’ai pu prendre toute la mesure du malaise dans la conscription, un système à bout de souffle qui ne remplissait plus aucune fonction, ni militaire, ni symbolique.

Qu’elle était la situation à l’époque ? Les chiffres d’abord.

D’universelle, la conscription n’en avait plus que l’appellation dans la mesure où seule la moitié des recrues effectuait son service militaire, l’autre choisissant le service civil ou, plus souvent, était exemptée pour raison médicale et principalement psychiatrique, cette seule cause représentant 50% des exemptions et des réformes (1). Autre élément du malaise dans la conscription, le pourcentage de ceux qui tentaient de mettre fin à leurs jours était de l’ordre de 1%, ce qui est énorme et qui était bien supérieur au taux des tentatives de suicide relevé dans la population masculine des jeunes Français de 18 à 25 ans (dans un rapport d’un à cinq ou six). À cette époque, pour la plupart des appelés, l’incorporation était vécue comme un véritable choc culturel, l’univers militaire étant aux antipodes de celui qu’ils connaissaient hors des murs de la caserne. À la liberté qui avait bercé leur enfance étaient opposés la discipline, l’obéissance et le respect de l’autorité ; à l’individualisme vanté par notre société étaient opposés la solidarité et l’esprit d’équipe ; à l’hédonisme dans lequel ils baignaient étaient opposés l’abnégation, le goût de l’effort, voire l’esprit de sacrifice et du don de soi, même si cette valeur, jadis capitale, a laissé place au professionnalisme ; à l’initiative personnelle dont ils devaient faire preuve était opposé l’ordre venu d’en haut, indiscutable. Tout cela faisait de l’Armée un repoussoir et transformait les cadres militaires en gardes chiourmes.

Comment a-t-on pu en arriver à ce point de crispation qui était totalement préjudiciable au lien Armée/nation, et pourquoi certains, malgré cela, restent-ils tellement attachés au service militaire ?

Sans doute un rapide rappel historique est-il ici nécessaire.

L’idée d’un recours à la conscription est née en France avec la Révolution quand celle-ci eut à se défendre contre les armées coalisées de la vieille Europe ; dans ce genre d’affrontement qui précéda celui des nations armées du XX° siècle, le nombre faisait la force. Ce fut la levée en masse de 300 000 hommes réalisée en 1793 (l’armée de l’an II) inaugurant la conscription qui permit ensuite à Bonaparte, puis à Napoléon, d’étendre les acquis de la Révolution sur le continent européen. Abolie en 1815, car rejetée par la population en raison de la saignée occasionnée par les guerres de la Révolution et de l’empire, la conscription refit son apparition au début du XX° siècle, lorsque la Prusse se transforma en caserne. Ce n’est qu’à la veille de la Grande guerre qu’elle fut rétablie en France près d’un siècle après sa suppression. Et ce fut la guerre de masses portée à son acmé alors que la puissance de feu de l’artillerie était sensée emporter la victoire en quelques semaines. Dans la guerre de tranchées qui suivit les premiers mois, et où l’affrontement se déroulait parfois à la baïonnette, l’infanterie avec ses gros bataillons de fantassins était encore la mère de toutes les batailles. En 1918, pour la seconde fois, la conscription avait sauvé le pays et le poilu a rejoint au Panthéon de la République le mythique soldat de l’an II volant au secours de la nation menacée. Plus tard, cependant, la mécanisation, celle des chars d’assaut, fit croire à certains que l’armée de métier serait la solution ; ce fut la thèse d’un certain colonel de Gaulle, développée en 1933 (2). Mais, sans doute par attachement à une mythologie républicaine intimement liée à la conscription, il faudra attendre 1995 pour que cette décision soit prise, une décision bien tardive car, dans l’intervalle, la technologie, comme on dit, avait fait son apparition et était arrivé le missile téléguidé, le V1 et le V2, armes redoutables qui s’abattirent sur Londres et qu’Hitler espéra pouvoir doter de charges nucléaires ce qui n’aurait pas manqué de renverser le cours de la guerre (et de l’histoire). Il s’en fallut de quelques mois et se sont les Américains qui, les premiers, ont mis au point cette arme pour la larguer sur les villes martyres de Hiroshima et de Nagasaki en août 1945. Ainsi s’acheva la Seconde Guerre mondiale et fut inauguré une ère nouvelle.

Nous vivons dans cet après-guerre et cet après Hiroshima où s’est érigé un monde qui, horrifié par sa puissance militaire passée et, plus encore, à venir, s’obligea à tourner le dos à une période vieille de cinq millénaires dans laquelle centrale était la guerre, car déterminante était la puissance des armes et celle des armées. Au cours de cette période plurimillénaire que l’on peut qualifier d’historique, le glaive faisait et défaisait les empires et c’est par lui qu’était dessinée la carte du monde. Mais tel n’est plus le cas depuis que le monde a réalisé qu’il ne saurait supporter une Troisième Guerre mondiale qui, si elle se produisait, serait non pas mondiale mais universelle (3) – les radiations ne connaissant pas de frontières-  et probablement définitive. Après Hiroshima, l’humanité a pris conscience que laisser l’Histoire suivre son cours ne serait pas seulement tragique mais fatal : effacée serait cette Histoire et avec elle le sens même de notre présence au monde ; ne laissant aucun témoin pour une postérité inexistante, l’apocalypse nucléaire réduirait l’Homme à l’état de néant.

Dès lors, pour l’éternité, du moins on l’espère, l’Homme est contraint de bannir la guerre dans son principe et d’en limiter la réalité. C’est le lot du progrès qui fait de lui un être capable de contrarier le dessein de Dieu (à supposer qu’il existe et que l’Homme entre dans son dessein) et qui le pousse, dans le même temps, à contrarier ses pulsions les plus vives, celles qui le portent à satisfaire son désir de domination et de conquêtes. Un nouvel ordre mondial allait donc devoir s’imposer pour faire la « guerre » à la guerre et permettre aux pulsions dominatrices des hommes de s’accomplir dans la conquête de biens matériels et financiers (4).

Il s’est agi alors d’opérer à un changement complet de paradigme où le phallus du monde ne serait plus le glaive mais le dollar. Dans les temps immémoriaux et historiques, l’argent (le nerf de la guerre) était au service du glaive alors qu’aujourd’hui, le glaive est mis au service de l’argent et, singulièrement, du dollar, monnaie étalon qui fait danser la planète finance et autour duquel s’organisent les activités de l’ensemble des pays du monde. Ce nouvel ordre mondial, conçu et mis en place en 1944 et 1945, a donné sa pleine mesure après la guerre froide durant laquelle régna l’équilibre de la terreur et s’ébaucha le gel de l’Histoire (5).

Mais le progrès ne concerna pas que la force de frappe nucléaire pilier de la dissuasion par laquelle est assurée la défense du pays devenu sanctuaire national, il s’étendit aussi aux armes de terrain dites conventionnelles à mesure que le missile téléguidé ou télécommandé s’est substitué aux hommes. Est née alors pour les pays riches et maîtrisant les techniques les plus sophistiquées, la « guerre technologique » des temps modernes pour laquelle logisticiens et techniciens ont pris la place du guerrier (6) – celui qui est au contact de l’ennemi – ce dernier ne représentant plus que 10% des effectifs engagés sur le terrain (et demain encore moins grâce aux drones).

Tout ceci a connu son aboutissement dans les années 90 quand cette guerre nouvelle a pu être expérimentée, grandeur nature, contre l’armée de Saddam Hussein. Résultat : en seulement quelques semaines, fut mise KO la supposée cinquième armée du monde. Autre résultat : quelques dizaines de morts (7) parmi les 940 000 hommes que comptait l’opération « Tempête du désert » quand l’Armée irakienne en releva 80 000 dans ses rangs (8). La « guerre technologique » s’est montrée économe en vies répondant ainsi au concept de « guerre zéro mort » et démonstration fut faite de la supériorité du missile sur la masse des hommes et des matériels.

Aussi, tirant les leçons de cette réalité, c’est logiquement qu’en 1995, quatre années après « Tempête du désert », fut prise la décision de professionnaliser nos armées en suspendant le service militaire.

Décision tardive toutefois, car cela faisait des décennies que la conscription n’était plus adaptée aux modalités de la guerre moderne si bien que, cessant d’être au service de la nation, elle fut mise au service des militaires. En s’éloignant de ce qui la justifiait et lui donnait sens, l’obligation du service militaire n’était plus en mesure de remplir la fonction symbolique qui lui était dévolue. En outre, était créée une situation proprement inadmissible, comme l’avait dénoncée en son temps l’amiral Sanguinetti dans un livre justement intitulé « Les valets d’armes ». Est-ce à cela qu’il nous faudrait revenir : mettre notre jeunesse à la disposition des militaires ? ces militaires qui, d’ailleurs, n’y tiennent pas, car cette masse d’appelés à former – pour faire quoi ? – ne saurait que les détourner inutilement de la réalisation de leur tâche guerrière et distraire une bonne part des effectifs à l’exécution d’une mission annexe qui relève du complément éducatif tardif. Et cela, sans aborder la question du coût : exorbitant comme le titrait un article du magazine « Les échos » en septembre dernier.

Revenir à l’armée de conscription nous ramènerait à la situation préjudiciable des années 70 quand, en 1978, voulant délivrer des otages européens détenus dans la ville minière de Kolwezi, le président Valéry Giscard d’Estaing découvrit, stupéfait, que nos armées étaient dans l’impossibilité de réaliser ce genre de mission pourtant assez modeste. Il dut faire appel à la Belgique, qui nous aida, et seule la Légion étrangère, une troupe de militaires professionnels, fut chargée de l’opération. Cette déconvenue conduisit à la création de la FAR, une force d’intervention professionnalisée qui fut capable d’intervenir au Liban et en Afrique où nos intérêts étaient en jeu. Quant à la conscription, elle ne fut plus employée après 1962, date des accords d’Évian, tombée en désuétude mais maintenue pour les mêmes mauvaises raisons qui président à son retour.

La conscription appartient à un autre âge, l’âge des casernes ou des cavernes, c’est selon, un âge irrémédiablement révolu car la marche du progrès scientifique et technique est irréversible ; la mise au point du missile téléguidé ou télécommandé lui a été fatal comme l’arbalète fut fatale à la chevalerie. À l’époque, cette arme redoutable qui permettait de tuer à distance fut éloignée du champ de bataille car jugée déloyale (9); utilisée malgré cela par les Anglais durant la « guerre de cent ans », elle renversa un art de la guerre où le corps-à-corps était la règle et où se retrouvait l’ensemble des valeurs qui animait la chevalerie. Aussi, en envoyant le chevalier ad patres, le carreau de l’arbalète et la flèche de l’arc à longue portée – les missiles du moment –  n’ont pas seulement modifié les modalités du combat et la culture qui s’y attachait, ils ont également transformé en profondeur l’époque en sonnant le glas d’un ordre chevaleresque qui, plus de trois siècles durant, a régenté la société féodale française. Pareillement, pour notre temps, le missile téléguidé n’a pas eu pour seule conséquence de changer l’ordre du combat et de faire évoluer la culture et les valeurs militaires, il a aussi provoqué une révolution anthropologique et sociale en donnant congé à la fonction guerrière qui structurait la société historique de nos aïeux.

Alors oui, en effet, la société issue du nouvel ordre mondial né des progrès de la science manque de structure ; elle ne repose plus que sur un seul pilier, celui que Georges Dumézil nommait fonction reproductrice ou productrice, quand la société historique d’antan en possédait trois : les trois fonctions qui englobaient l’ordre du sacré, du militaire et de la production. Avec la disparition de la fonction guerrière, disparaît le corpus de valeurs qui lui est rattaché et qui servait à la guerre (10) mais disparaît aussi l’organisation patriarcale de la société, l’homme ne pouvant plus tirer privilège sur la femme du sacrifice consenti pour la défense du pays ou des siens.

Le monde a changé et sa marche ne connaît qu’une direction, celle que lui trace le progrès – pour son bonheur ou pour son malheur. Il n’existe aucune marche arrière possible, qu’on le déplore ou non. La conscription universelle obligatoire pour tous est définitivement obsolète.

 Une autre question est celle de savoir quel dispositif il convient d’opposer aux menaces qui pèsent sur nous et qui prennent la forme d’attentats aveugles et terroristes. Si l’idée de restaurer le service militaire n’est pas adaptée à cette situation, en revanche, plus judicieuse est celle de recourir à une sorte de garde nationale rebaptisée garde citoyenne pour éviter de fâcheux rappels historiques. Prenant modèle sur ce qui se fait aux États-Unis et sur la base d’un volontariat, cette garde pourrait regrouper d’anciens militaires, gendarmes, policiers, pompiers et quelques autres volontaires choisis et formés, pour assurer des missions ponctuelles d’assistance et de surveillance en complément de celles remplies par la police, la sécurité civile, les pompiers ou les militaires.

 

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  • Une majorité des appelés réformés pour une raison psychiatrique l’était pour immaturité psychoaffective, ce que Philippe Muray avait relevé évoquant la néoténie de notre société.
  • En 1933, le colonel de Gaulle publia « Vers l’Armée de métier », un plaidoyer en faveur d’une Armée professionnelle et de la constitution de régiments de blindés. Son analyse et ses propositions ne furent pas suivies par l’état-major français. L’Allemagne d’Hitler, elle, comprit l’intérêt de former des régiments de blindés et mis au point la Blitzkrieg, la guerre éclair, l’aviation, les blindés et l’artillerie ouvrant la marche.
  • Hannah Arendt
  • C’est la globalisation des échanges économiques et commerciaux encadrée par des instances supranationales le FMI, la Banque mondiale, les accords du GATT qui deviendront l’OMC.
  • Dont le principe fut posé en 1945 dans la Charte de l’ONU, celui de l’intangibilité des frontières.
  • Le guerrier, jadis glorifié pour son courage face au danger et à la mort qui faisait le héros, est aujourd’hui loué pour sa compétence et son professionnalisme ; la mort reçue au combat est désormais accidentelle.
  • 242 morts parmi les 940 000 hommes et femmes engagés dans l’opération « Tempête du désert ». Peu de morts en comparaison des pertes occasionnées par la guerre de masses qui se comptaient par milliers: 6 500 morts pour la seule Grande armée lors la bataille de Borodino en 1812 ; 9 500 à Waterloo en seulement quatre jours de combat ; jusqu’à 20 000 morts en une seule journée durant la Grande guerre, autant que sur l’ensemble de la guerre d’Indochine quand l’Algérie nous coûta 17 000 morts, ces dernières étant livrées à des guérillas. Entre 1963 et 1991, les armées françaises engagée au Tchad et au Liban ont perdus une centaine de soldats, morts pour la France, pour chacune de ces opérations. Macabre décompte, mais significatif cependant.
  • Si la guerre technologique épargne ses combattants, elle ne ménage pas l’adversaire écrasé sous un tapis de bombes. Quant aux frappes dites chirurgicales, leur précision reste toute relative et l’on dénombra entre 50 000 et 100 000 victimes civiles irakiennes liées à « Tempête du désert ». Aujourd’hui, en 2016, le drone complète la panoplie de notre armement technique ; il est précis et permet des éliminations ciblées. Toutefois, on compte en moyenne neuf victimes innocentes par cible atteinte.
  • Le concile de Latran a interdit l’usage de l’arc et des flèches sur les champs de bataille ; quant à Innocent III, il voua les arquebusiers à l’excommunication. C’était en 1215, deux siècles avant Azincourt, bataille au cours de laquelle les archers anglais décimèrent la fine fleur de la noblesse française et portèrent un coup fatal à la chevalerie.
  • Parmi ces valeurs, comptait le courage physique qui portait au sacrifice (la sacralisation de la mort héroïque) et qui, désormais, n’est plus nécessaire, le soldat devant même éviter d’être tué en intervention, sa vie étant sacrée – ayant également un coût, celui de sa formation. Témoin de ce renversement de valeur : la corrida. Hier elle mettait en valeur le courage physique du toréador qui risque sa vie face au taureau, force de la nature, alors qu’aujourd’hui, les détracteurs, nombreux, s’arrêtent à la souffrance de l’animal qui, in fine, perd la vie, victime innocente d’un jeu cruel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Auteur de romans
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